samedi 8 avril 2006

Cézanne et Pissaro




Cézanne et Pissaro

Au Musée d’Orsay

Du 28 février au 28 mai 2006



Ca se fait beaucoup ces expositions-duos. C’est toujours un sentiment bizarre, on pensait que l’artiste en question était si grand si unique et on se rend finalement compte qu’il faisait partie d’un duo, d’un couple d’artistes.

Cézanne et Pissaro se sont influencés mutuellement pendant près de deux décennies, fin XIXème. L’expo est présentée de manière chronologique.

Mais c’est quoi, vraiment le parti pris de l’expo ? Les œuvres sont présentées en alternance, Cézanne, Pissaro, Cézanne, Pissaro… Vous pouvez vous amuser à essayer de deviner qui a fait quoi , oui alors celui-ci on dirait un Cézanne, oui, ça semble se confirmer parce qu’à côté il fait très Pissaro.

C’est donc une comparaison, une confrontation. C’est vrai qu’en resserrant le choix des tableaux sur des thèmes communs, on perçoit plus facilement la spécificité de chacun des deux artistes. Pissaro est plus impressionniste, ses couleurs sont douces, nuancées, Cézanne, lui est à l’origine du cubisme, son organisation est plus géométrique, et ses touches plus huileuses, plus brillantes.

L’expo présente donc bien les influences mais elle n’offre pas la possibilité d’entrer dans la profondeur des œuvres respectives.
L’alternance des tableaux agit comme un mur, on peut difficilement voir au-delà de la comparaison lors d’une visite normale. Chaque pièce est divisée en deux, elle présente deux thèmes différents illustrés par les tableaux en alternance de Cézanne et Pissaro. N’aurait-il pas été préférable de diviser chaque pièce en deux avec d’un côté Cézanne et de l’autre Pissaro ? Histoire d’entrer plus en profondeur dans leur univers respectif. Il n’y aurait à ce moment-là plus de comparaison mais un dialogue.
La différence est mince mais elle permet d’aller au-delà de la simple constatation : tiens, c’est dingue, ils ont peint ce tableau exactement au même endroit. Oui, je l’admets, mon jugement est un peu réducteur mais n’est-ce pas aussi réducteur de ne présenter de Cézanne que ses tableaux faits à Pontoise alors qu’il est plus connu pour ses représentations de l’Estaque et de la Montagne Sainte-Victoire ?
Cela n’aurait pas forcément était contradictoire à la volonté de comparer de l’expo, cela aurait pu être présenté dans les dernières salles, comme une ouverture, et ils prirent de nouveaux chemins…

croquis personnel

4 commentaires:

haz'art a dit…

J'ai trouvé cette expo tres riche, mais la mode de la comparaison finit par être exaspérante. Les deux péintres présentés font partie des plus grands, pourquoi les comparer de manière tres superficielle par moment. J'ai ressenti comme vous plus de comparaison que de dialogue. Mais j'ai été ravi de voir tous ces tableaux...;

la dilettante a dit…

J'en dirai plus après le week end prochain, Je me souviens que Pissarro avait un rôle fédérateur au sein du groupe des impressionnistes.
Comment comparer si les toiles ne sont pas juxtaposées. J'imagine qu'il doit y avoir un sacré va-et-vient de la part des visiteurs, cela rajouterait à l'encombrement.
Il y a eu de belles expositions Cézanne au Grand Palais, il y en aura à Aix en Provence. Pour Pissarro je ne sais pas, je me souviens juste avoir visité un musée de Pontoise sans intérêt.
C'est aussi devenu le propre d'une foule d'expositions que de comparer sous des prétextes opportunistes.

claire a dit…

le va-et-vient d'un côté de la pièce à l'autre est fait de toutes façons parce que chaque côté présente un théme différent. Ce qui me déplaît dans cette comparaison c'est qu'elle n'offre pas de profondeur, elle reste en surface, on n'a pas le temps de pénétrer dans les oeuvres individuellement. C'est sûr que c'est tentant de vouloir comparer des oeuvres dont le sujet est très souvent identiques, mais c'est un piège!On peut dire que c'est un parti pris au détriment de la qualité des oeuvres.
Je pense qu'il y a différents temps dans la manière de comparer, une comparaison plus lente et plus ouverte m'aurait davantage plu.

la dilettante a dit…

Et d'une, les cartels sont très petits, les visiteurs se passent devant et se bouchent la vue. D'autre part une des oeuvres clé de Cézanne
"Louvecienne" qui devait être mise en comparaison avec celle de Pissarro, n'a pas été prêtée par le collectionneur privé.
je suis sortie de l'expo un peu frustrée, sur ma faim.
J'irai à Aix en session de rattrapage...