jeudi 2 novembre 2006

La Fabrica



La Fabrica, les yeux ouverts

du 6 octobre au 13 novembre 2006

Au Centre Pompidou


Il est de ces expositions où l’on va de rebondissements en rebondissements. Il est de ces expositions où ce qui est présenté est difficilement définissable. Il est de ces expositions où la visiteuse que je suis s’amuse comme une petite folle.

Welcome to la Fabrica*
*Bienvenue à la Fabrica




Vue du dessus, l’exposition semble être organisée en un joyeux bordel, caractéristique d’une émulsion artistique, d’une énergie créatrice. Vue de l’intérieur, idem. Pourquoi ? Parce que les projets partent dans tous les sens, de la communication visuelle à l’humanitaire en passant par la vidéo, parce que les modes de présentation différent les uns des autres et créent ainsi des rebondissements tant dans la découverte de chaque projet par le visiteur que par la dynamique qui se crée de par leur présentation différente.

La Fabrica reprend le principe de la factory warholienne et accueille en son sein (sorte de petit paradis à Trévise, Italie dont l’architecture a été conçue par Tadao Ando) toutes nationalités, toutes pratiques si elles s’avèrent être intéressantes. A l’initiative d’Olivero Toscani ex-boss de Benetton, il paraît que le Fabrica bat de l’aile, que ce n’est plus ce que c’était. Il paraît. M’en fiche.

Trop peu de visiteurs ose s’aventurer vers le guichet d’audio-guidage nouvelle génération. C’est pourtant dommage. Avec un casque et un écran tactile machin-chose, on se ballade dans l’expo et des vidéos se déclenchent grâce à des capteurs spatiaux en fonction du projet devant lequel on se situe. Oui, c’est moderne. Et ce n’est pas fini, notre parcours est enregistré par lesdits capteurs et ainsi répertorié dans des statistiques auxquelles on a a priori accès. J’ai cherché, je n’ai pas trouvé. Au-delà de l’aspect Big Brother, c’est terriblement amusant. Il ne faut d’ailleurs pas trop chercher de recul ou autre distance critique dans les projets présentés même s’ils dénotent assez souvent d’un certain engagement. On se rappelle les campagnes publicitaires coup de poing de Benetton, la force d’engagement prend finalement le pas sur le regard critique qui en était l’origine.


Et ce qui fait la force de la Fabrica, c’est justement cette énergie. Tous les projets mis bout à bout donnent un éventail des possibilités mais ne recherchent pas le regard critique. C’est un laboratoire d’idées. La Fabrica s’adresse au citoyen lambda. Elle ne vise pas un discours trop intellectuel ou inaccessible.

Les rebondissements permettent de ne pas trop s’appesantir sur chaque projet et d’aller d’émerveillement en émerveillement.

Oui, la Fabrica s’engage pour des causes justes mais vous irez voir l’exposition pour vous amuser.

Et peut-être que comme moi, vous vous rendrez compte en remontant les escaliers, de leur côté rouge bien sûr, que c’était de là que venait cette petite musique. Monter, redescendre puis remonter les escaliers qui se sont transformés en xylophone géant. Et tout ça, sous les yeux de quelques visiteurs qui jettent un dernier coup d’œil au grand terrain de jeux que représente l’expo, « tiens, elle a compris ».

Une fois de plus, il faut bien que je modère mon enthousiasme car je sens bien que la Fabrica est une de ces expositions qui ne plaisent qu’aux étudiants en art et/ou design parce qu’elle met plus en avant l’idée de projet par le foisonnement qu’elle crée que l’idée de réalisation aboutie. La Fabrica ouvre le monde des possibilités.

Il semble que Blogger ne veuille pas modifier cette mise en page et préfère nous laisser ce "la" seul en haut à droite. Mille excuses, je n'arrive pas à lui faire entendre raison.

5 commentaires:

yogi a dit…

salut claire, je voulai te proposer un échange de liens, car j'apprécie ton art et caetera, dis moi s'il en va de même pour mon petit blog...
quand à la fabrica, j'irai voir très bientôt,
bien à toi.
yogi

Jean-Marc Bellot a dit…

Bonjour Claire,
Comme j'aime beaucoup ce que vous écrivez, je voudrais savoir si vous me donnez votre feu vert pour offrir aux lecteurs de mon propre blog un accès direct à "ARTETCAETERA".
Dans l'attente de votre réponse,
Bien à vous
Jean-Marc

claire a dit…

yogi:
j'accepte l'échange de liens. Il ne sera pas effectif tout de suite, il faut que je réorganise mes liens et je ne suis pas amie avec les codes...

jean-marc bellot:
allez-y, go, mettez-moi dans vos liens!Ne privez pas vos lecteurs d'un petit clic sur art et caetera!
Merci pour les compliments. Je découvre pour ma part votre blog et j'en suis assez admirative.

Au plaisir de vous lire et n'hésitez pas à l'avenir de me faire part de vos impressions bonnes ou mauvaises.

Claire

Anonyme a dit…

alors moi j'écris simplement pour rebondir sur le blog et non pour demander un lien ou quoi que ce soit. Je suis allé ce w-e voir la fabrica avec ma compagne et je dois dire que ce petit voyage très vidéo-ludique m'a enchanté. De véritables bijoux aussi bien artistiques que technologiques.
bonne continuation et bravo pour ton blog, à vendredi
#7

manu a dit…

Salut Claire. Je suis tombe un petit peu par hasard sur ton blog en surfant. Le ton est tres sympa. Felicitation. Je voulais reagir par rapport a la Fabrica. Je suis ravi que tu en parles. J'y suis allé un petit peu a reculons le mois dernier en me disant que ca allait etre un truc intello-artistico-metaphysique, un truc du genre vieux contemporain avec des artistes poussiereux. Enfin bref prise de tete, et j'ai trouve ca proprement genial. Une expo qui m'a bluffee et qui s'inscrit dans la vraie modernite avec pleins d'artistes et de graphistes brillants. Une des meilleures expos que j'ai pu voir depuis Ron Mueck (autre style mais tout aussi bluffant) a la fondation Cartier. A+